Forêt de Montgé-en-Goële : un saccage programmé

Une fois encore, les populations vont devoir accepter une dégradation majeure de leur environnement au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat… mais s’il existait des pistes moins dévastratrices ?

L’exploitation des gisements de gypse…
C’est ça l’intérêt supérieur de l’Etat, car si la construction du Grand-Paris est génératrice de gravâts, elle est aussi gourmande de platre ! Et le plus proche filon est là. Exploité depuis des décénies d’Est en Ouest (Penchard, Monthyon, St. Soupplet…), par Knauff, le filon poursuit son lit sous la forêt de la Butte de Montgé.  Dès lors, la lourde machine administrative à enclanché un plan «  Paysage et ressources de la butte de Montgé-en-Goële », depuis 2013, il a réuni 19 acteurs locaux (Etat, collectivités, exploitants, associations…) au cours de nombreuses réunions pour finir, en novembre 2016, par acter l’exploitation à ciel ouvert du gypse de la Butte et donc la destruction de la forêt, contre l’avis des associations (dont l’ADEV77) évidement… A n’en pas douter, le remblai sera assuré par les gravâts issus de la déconstruction des chantiers franciliens et des arbres seront alors généreusement replantés…

Des alternatives ?
D’autres pistes seraient pourtant envisageables, notamment l’esploitation souterraine du gisement en creusant des tunnels sous la butte, mais cette piste, trop coûteuse n’a pas été retenue par l’exploitant et donc par le «  Plan  ». Encore une fois, les citoyens vont devoir s’exprimer clairement pour que le pire ne soit pas notre avenir.

> en savoir plus sur le site de l’ADEV 77

Le Tapage 41 est (enfin) sorti !

Vous pourrez lire ici une selection d’articles extraits de ce n°41, dans quelques semaines.
Si vous voulez recevoir chez vous tous les deux mois des infos biens fraiches et produites localement :  abonnez-vous ! (18€ pour 5 numéros)

En attendant, vous pouvez toujours venir jeter un coup d’œil à de nombreux articles du vaillant petit canard des rives de la Marne publié sur le site…
A très bientôt donc !

Place Henri IV/Meaux : la grogne monte…

Sept ans, un plan Marshal et 4 millions d’euros (9, selon le Collectif Place Henri IV) plus tard… toujours aucun avenir précis pour le centre urbain meldois.

Ça commence à coûter cher l’indécision et à lasser les habitants, surtout ceux qui s’attachent bêtement aux vieilles pierres… Car effectivement, la première pierre angulaire du sujet est la prison, qui date du Second Empire (1854-1857) et présente d’évidentes qualités architecturales et donc patrimoniales. Sa réhabilitation en espace dédié à la culture a été évoquée,  mais le musée de la Grande Guerre ayant vidé les caisses, la CAPM a dù y renoncer… La ville cherche désormais à la refourguer à un investisseur privé. Mais le temps n’arrangeant pas les vieilles bâtisses inoccupées, encore quelques années de tergiversations et la démolition sera inévitable.

En savoir plus :

> ancienne prison de Meaux avant reconversion (site de la région l’Ile-de-France)
> collectif place Henri IV

Illustration : merci au Collectif Place Henri IV

L’obsession du dégraissage

Longtemps peu disert sur le secteur public, Emmanuel Macron a décidé de se positionner. Au programme, la suppression de 120 000 agents publics dont 70 000 dans la fonction publique territoriale et 10 milliards d’économie pour les collectivités.

Le discours d’Emmanuel Macron vous rappellera surement quelqu’un : « la sphère publique est marquée par un déficit d’efficacité, avec trop de dépenses de fonctionnement et une insuffisance d’investissements ciblés et utiles » dit-il dans un entretien accordé aux Echos le 24 février. Un jugement qui le conduit à avancer plusieurs mesures de contre-réformes d’inspiration ultra libérale pour les collectivités et la fonction publique.

120 000 fonctionnaires en moins
Le candidat d’En Marche veut donc réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires, dont 70 000 dans les collectivités territoriales dans le cadre d’une baisse des dépenses de l’Etat de 25 milliards d’euros sur cinq ans. Une promesse pour l’instant impossible à tenir puisque d’après le principe constitutionnel de libre administration des collectivités, l’Etat ne peut pas imposer aux territoires de diminuer leur nombre d’agents. Il semblerait que l’option retenue soit le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, sans en préciser le rythme. Il n’est pas difficile donc de voir que le programme d’Emmanuel Macron s’oriente vers une nouvelle version de la RGPP qui a vu le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique d’Etat.

Une baisse de 10 milliards d’euros dans les collectivités
Emmanuel Macron souhaite « rompre avec la méthode de la baisse des dotations consistant à couper les vivres pour provoquer des économies. Cette méthode de régulation budgétaire est trop centralisatrice » estime-t-il. En guise de solution, le candidat à la magistrature suprême propose de « nouer avec les collectivités un pacte sur 5 ans dans lequel sera contractualisée une baisse de 10 milliards d’euros de leurs dépenses. Cette baisse sera à leur main. » Afin, de son point de vue, que la potion ne soit pas trop amère, il souhaite « parallèlement donner des marges de manœuvre. Aujourd’hui, quand l’État décide d’augmenter les salaires des fonctionnaires, les collectivités n’ont pas leur mot à dire. Ce sera désormais à elles de décider désormais pour leurs agents. » Et de préciser, au Forum des travaux publics du 23 février : « Je décorrèle la gestion des trois fonctions publiques. Nos trois fonctions publiques sont gérées de manière totalement solidaire. Quand nous souhaitons augmenter le point d’indice de la fonction publique hospitalière, nous sommes contraints d’augmenter tous les fonctionnaires. Et pourtant, les hauts fonctionnaires et la fonction publique territoriale n’en ont pas forcément besoin. »

Précariser la fonction publique
Il se prononce aussi en faveur d’une utilisation plus importante du nombre de contractuels sans en préciser les contours : « Elles pourront également recourir plus largement à des recrutements de droit privé. » Plus largement, Emmanuel Macron veut rendre la fonction publique « plus moderne et plus souple ». C’est-à-dire recruter hors du statut pour les fonctions d’encadrement, et individualiser, donc précariser, les rémunérations et les mobilités. « Il s’agit de mieux reconnaître les plus engagés. » explique-t-il. Pour compléter le tableau, cet homme — ni de droite ni de gauche, c’est à dire de droite — annonce :« Je crois par ailleurs nécessaire de restaurer un jour de carence pour les fonctionnaires ».

 

Travaillez, prenez de la peine, on vous jettera un peu plus tard !

La société ultra libérale nous répète à travers ses médias qu’il n’y a pas de meilleure alternative que celle dans laquelle nous survivons, que toute société qui se construirait pour le bien-être de ses citoyens est une utopie complètement irréaliste voire dangereuse.

La loi du « Marché » est d’après nos gouvernants, le seul Dieu à adorer et à respecter même si telle Moloch elle dévore les enfants ou comme Kali, elle porte une ceinture de bras coupés et un collier de crânes. Suicides et souffrances au travail sont monnaie courante dans les entreprises, exclusion, chômage, précarité, pauvreté sont le futur de nombre d’entre nous.

Surveiller
La concurrence frénétique qu’impose la mondialisation, apporte avec elle tout un éventail d’évaluations pour extraire jusqu’à la dernière goutte d’énergie des employés avant de les jeter. Ainsi lorsque vous achetez un produit quelconque, vous recevez un « questionnaire de satisfaction » qui va permettre à l’entreprise de « fliquer », de faire pression et de renforcer son pouvoir sur son employé.  Bien sûr ceux qui répondent à ces questionnaires ne sont pas forcément bienveillants et certains profitent de cet espace de pouvoir pour y libérer tous leurs ressentiments ; ils rentrent dans cette logique de collaboration avec l’oppresseur alors qu’eux-mêmes subissent cette pression.

Contrôler
Est-ce vraiment efficace que de faire travailler les gens avec la peur au ventre et l’angoisse d’une mauvaise appréciation de client ? Un quart des français a consommé des psychotropes dans l’année écoulée. Un coût important pour la sécurité sociale nous dit-on. Mais peut-on supporter ces menaces perpétuelles sur son emploi sans craquer ?  Y-a-t-il réellement des surhommes qui résistent durant toute leur carrière à ce traitement ?  C’est une fois de plus une mauvaise option qu’induisent le libéralisme sauvage et la concurrence ; aller au travail le cœur léger dans une ambiance sereine c’est être plus productif. La gestion à très court-terme des entreprises mondialisées détruit tout sur son passage : planète, humains, santé, environnement, savoir-faire, avenir et progrès. Anthropophage, elle détruit aussi les entreprises.   

« Les jours heureux »
Le 15 mars 1944, est élaboré le programme du Conseil National de la Résistance : « Les jours heureux ». Mis en application dans une France ravagée par six années de guerre et dirigée par le Général De Gaulle qu’on ne peut accuser d’utopiste ou d’ultragauchiste, il assurait notamment :
« – le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ; la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
– un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ; »

Est-ce réellement la modernité du XXIème siècle que de perdre des acquis sociaux du XXème ? Soixante-douze ans après la 2ème guerre mondiale, les citoyens ont perdu la quasi-totalité de la protection sociale. Par respect pour l’engagement, parfois jusqu’à la mort, des résistants dans cette lutte, nous devons nous aussi nous battre pour conserver ces acquis et en gagner de nouveaux.

Des policiers héraultais en arrêt pour dépression et « burn-out » obligés de reprendre le travail

Les agents de police-secours de Sète et Agde (Hérault), en arrêt maladie pour dépression ou burn-out, depuis le milieu de semaine ont été convoqués vendredi 24 février, à Montpellier, par le médecin de l’administration. Selon une information de France Bleu Hérault, il leur a demandé de reprendre le travail.

Reprise du travail obligatoire

Le syndicat Alliance Police nationale dénonce la manière dont se sont déroulés, en quelques minutes, les entretiens. « Nous estimons que même si le médecin travaille pour l’administration, il n’en reste pas moins un médecin et il doit faire son travail correctement », souligne Séverine Collardé, secrétaire départementale du syndicat. « Les fonctionnaires ont donné leur arrêt avec le motif et leur ordonnance avec le traitement en lien avec cet arrêt. Ils ont voulu présenter l’arrêt au médecin qui a refusé en disant que la reprise était obligatoire », ajoute-t-elle.

Le malaise d’une profession

La syndicaliste précise toutefois, que la décision du médecin de l’administration prévaut sur un arrêt de travail délivré par un médecin de ville : « Les policiers sont donc obligés de reprendre leur service, pour certains dès ce vendredi, pour d’autres demain, sinon ils seront en absence illégale ». Le malaise de la profession se retrouve aussi à Montpellier, où 11 des 15 fonctionnaires de police secours sont en arrêt maladie, depuis jeudi. En cause, le manque d’effectifs et le refus de la Direction départementale d’appliquer de nouveaux rythmes de travail, permettant aux fonctionnaires d’avoir davantage de week-ends libres.

Illustration : merci à Shepard Fairey/obeygiant.com

Le monde craquèle

Deux événements majeurs montrent que nous assistons à une lutte inédite au sein des classes dominantes au États-Unis et en France

Aux USA, on voit se radicaliser une nouvelle guerre des gangs, celui d’Hilary d’un côté, et celui de Trump de l’autre. Or les deux représentent la haute finance de Wall Street. L’hypothèse probable est qu’il s’agit en fait d’un schisme dans la haute bourgeoisie financière américaine, sur un humus social pourrissant. Si c’est le cas, ça risque d’être sanglant, avec affaiblissement de la puissance extérieure américaine pour un temps (à condition que les principales forces extérieures ne se manifestent pas, ce qui aurait pour effet de raccorder les frères ennemis !)

En France : Fillon comme Macron représentent la haute finance à base française. Le coup bas envers Fillon est un prélude à un prochain sans doute pour Macron en guise de retour, Sarko est en procès et le ressort médiatique avance Hamon en guise de challenger comme cela fut le cas avec S. Royal. Mais il faut regarder de plus près : Fillon représente la finance Axa, BNP, etc., dont les directions sont d’obédience catholique affirmée. Cette finance est plutôt favorable à une réconciliation avec l’axe Russie-Chine. Macron, lui, est le représentant de la finance américano-israélienne. Cette dernière est fondamentalement hostile à cette réconciliation, car ce serait un affaiblissement dangereux d’Israël. Là encore un schisme dans la bourgeoisie à base française, fruit d’une France américanisée ?

Ces deux schismes créent dans la population un sentiment de malaise, de vide politique. Accentués par la crise économique, les repères habituels implosent. D’où une urgence : une fenêtre de tir s’ouvre pour les forces progressistes à condition qu’elles aient des propositions concrètes d’un niveau bien supérieur à celui du « revenu universel ». Qui est capable de propulser les repères politiques dignes de notre temps ? Les syndicats, et tout particulièrement la CGT. Elle a ici et maintenant un rôle historique majeur, à côté de la FSU, de Solidaire et éventuellement de FO.

L’assurance est dans le pré

Le régime agricole est l’une des quatre options de la Sécurité sociale avec le régime général, celui des travailleurs non-salariés et non agricoles et les régimes spéciaux de salariés et fonctionnaires.

Il regroupe deux types de populations distinctes : les salariés agricoles et les exploitants agricoles. Cette division est une construction arbitraire « justifiée » par le statut lié à la possession de la terre et non pas à la nécessité de sécurité. Nous verrons dans la suite de l’article que cette place accordée au foncier et à la ferme demeure un critère de différenciation sociale dans l’accès aux prestations.

Depuis 1947, le régime agricole de la Sécurité sociale est géré par la Mutualité sociale agricole (MSA) qui collecte les cotisations en une caisse unique. Cela la différencie du régime général où le recouvrement est effectué par branche. Dans la même optique, la MSA a recours à un guichet unique pour prendre en charge les prestations d’assurance maladie, les accidents du travail et les maladies professionnelles, les retraites et les allocations familiales. Plusieurs étapes jalonnent la création de ces prestations : 1952 pour l’assurance vieillesse, 1962 pour l’assurance maladie et invalidité, 1966 pour l’assurance maladie et les accidents du travail. Les allocations familiales avaient été mises en oeuvre dans le cadre de la loi Tardieu du 11 mars 1932, mais son application au secteur agricole ne fut effective qu’en 1938.Lire la suite »

Les attaques néolibérales sur la sécurité sociale

Le système français de Sécurité sociale voit le jour au lendemain de la seconde guerre mondiale avec la parution des ordonnances Laroque du 4 et 19 octobre 1945. Ce système ambitieux vise à « assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des assurés et de l’Etat, et une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

La conception française de la protection sociale s’appuie sur trois principes fondamentaux. D’abord c’est une institution obligatoire de salaire socialisé. C’est à dire que – en théorie car le législateur a prévu de nombreuses exceptions – le versement d’une cotisation sociale est dû à chaque fois qu’une rémunération est versée en contrepartie d’un travail. Ensuite, la gestion de cette institution est une affaire trop importante pour être livrée à des opérateurs privés et aussi — point central que peu de gens réalisent — pour être confiée à l’État. Ainsi, les ordonnances de 1945 opèrent une véritable séparation de la sécurité sociale et de l’État et confient la gestion des organismes de sécurité sociale à des conseils d’administration. Les administrateurs issus des organisations syndicales étaient donc originellement élus sur la base de ¾ des représentants des assurés sociaux et de ¼ de représentants patronaux. Enfin la répartition des richesses dans le cadre de cette institution se fait selon le principe universaliste : « de chacun selon ses moyens et à chacun selon ses besoins ». C’est aussi un point absolument essentiel : les organismes de sécurité sociale rejettent toute forme de « sélection du risque », autrement dit de sélection des bénéficiaires ou de variation de cotisations sur des critères d’âge, d’origine sociale ou …d’état de santé.Lire la suite »