Fiscalité des entreprises… c’est l’amazone totale…

chan_55_n
Ce matin-là, sur «Inter», petit cours d’économie, appliquée à la fiscalité européenne avec Thomas Piketti «le Vénérable»

Prenez une multinationale florissante de l’économie numérique, placez-la dans le biotope européen, favorable à l’épanchement naturel des profits dans des nappes souterraines et ajoutez un dirigeant peu scrupuleux (d’un pays deux fois plus petit que la Seine-et-Marne et pourtant au PIB/habitant le plus élevé de L’UE) prêt à toutes les bassesses pour sauver son Grand-Duché de la famine certaine… et vous avez réunies toutes les conditions pour que l’ensemble des retombées économiques de la dite multinationale échappent aux Etats dans lesquels les profits sont pourtant réalisés… Et Piketti d’enfoncer le clou : alors que l’Europe devrait précisément servir à harmoniser les taux d’impositions entre les Etats, elle autorise rigoureusement l’inverse en permettant la fuite des bénéfices en direction de véritables paradis fiscaux en son sein. Tant pis pour les finances des autres états de l’Union et tant mieux pour le business d’Amazon, google… et du Luxembourg !

Encore une louche ? Pour Thomas Piketti, il serait «souhaitable» que les grands groupes (qui déclarent encore des bénéfices dans un Etat de l’Union…) soient taxés sur leurs profits au même taux que les PME, ce qui est très loin d’être aujourd’hui le cas… Ça parait dingue de demander à ceux qui réalisent les profits les plus importants de régler leurs impôts comme les entreprises qui tirent la langue ?

La nouvelle du jour, sur laquelle s’appuie tout ce raisonnement économique (révolutionnaire), c’est l’annonce fracassante de l’inscription aux fiscs des Etats européens d’Amazon ! Enfin, depuis des années qu’elle y réalise un chiffre d’affaire en progression constante, la multinationale a pris la décision, dans un élan de bonté mystique, de s’engager à payer des impôts dans les pays où elle réalise son activité… On croit rêver… L’ensemble de ses profits, depuis près de 10 ans, était réservé à l’Etat-siphon luxembourgeois, dans la plus parfaite légalité puisque par le jeu de ses filiales, toutes les ventes y étaient comptabilisées !

Merci Thomas, froidement et lucidement, tu nous rappelles que les institutions européennes n’ont pas encore pensé à autre chose qu’à ouvrir toutes grandes les vannes de la libre circulation du pognon ! Reste plus qu’à demander gentiment à l’un des plus hardis des architectes de cette gigantesque évasion fiscale institutionnelle de rectifier le tir, maintenant qu’il a été bombardé chef d’orchestre de la commission européenne…

Enfin, et si vous voulez sentir un frisson vous caresser l’échine, sachez que même «les échos.fr» s’inquiètent de cette nomination : «quel est l’objectif primordial de Jean-Claude Juncker ? Préserver le statut de paradis fiscal du Luxembourg. Cette affirmation le met en colère, mais les règles de confidentialité du Luxembourg sont beaucoup plus strictes qu’elles ne le sont en Suisse(…).»

Illustration : Merci à Chan Derhy

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s