La Commune de Paris : un phénomène historique violent, complexe, contradictoire et controversé

La guerre franco-allemande de 1870 se termine par le siège de Paris et la victoire des allemands qui défilent dans la capitale le 1er mars 1871. L’assemblée s’installe à Versailles, ville des rois de France et de la victoire allemande, véritable provocation à l’égard des parisiens. Thiers, chef du pouvoir exécutif signe les préliminaires de la Paix avec la perte de l’Alsace-Moselle et une indemnité de 5 milliards.

Le 18 mars, la tentative du gouvernement de Thiers de reprendre les deux-cent-vingt-sept canons de la garde nationale, achetés par souscription, échoue et aboutit à l’élection d’un Conseil Général de la Commune de Paris composé principalement de radicaux, de blanquistes, de socialistes et qui se considère comme le gouvernement légal du pays.

La Commune a un double caractère, à la fois patriotique et révolutionnaire, conséquence des rigueurs du siège, du froid et de la faim, mais aussi d’un sentiment de trahison et d’humiliation devant une défaite considérée comme imméritée.

Une démocratie directe a ainsi fonctionné pendant deux mois avec un programme socialiste et fédéraliste. Les réalisations concrètes sont limitées faute de temps. Sont prises des mesures symboliques comme le drapeau rouge ou le calendrier révolutionnaire, mais aussi des mesures sociales comme la prorogation des échéances, la remise des loyers, la suppression du travail de nuit pour les boulangers, et des amendes et retenues sur salaires. Une commission organise la remise en marche des usines abandonnées par les patrons dans le cadre de coopératives et une élite ouvrière prouve sa capacité à remplacer la bourgeoisie défaillante. La Commune a aussi un programme scolaire, culturel et laïque dont les artisans sont Vaillant, Vallès et Courbet.

La Commune de Paris n’a pas été totalement isolée du reste du pays, établissant des contacts difficiles avec les mouvements communalistes qui ont éclaté surtout dans le Sud de la France comme à Lyon ou Marseille. Mais elle est rapidement absorbée par les opérations militaires avec une disproportion entre ses 20 000 hommes en état de combattre contre 130 000 versaillais. Du 22 au 28 mai, c’est la semaine sanglante, avec ses combats de rue, ses barricades et ses exécutions au mur des Fédérés au cimetière du Père Lachaise. Suivent des arrestations par dizaines de milliers, des condamnations à mort, des déportations au bagne de Nouvelle Calédonie. Paris, écrasé, vivra en état de siège jusqu’en 1876. Dans l’immédiat, la poussée démocratique et populaire est arrêtée.

La Commune est-elle une fin, un crépuscule ? Est-ce la dernière révolution du XIXème siècle, écho attardé de la grande Révolution Française, avec ses artisans et ses boutiquiers, dans leurs sections et comités, dignes héritiers des sans-culottes ? Est-ce un commencement, une aurore, le premier essai de législation populaire tenté dans le monde avant la révolution d’octobre 1917 en Russie ?

Son principal mérite a été d’exister, de fonctionner, de prouver qu’un pouvoir révolutionnaire à forte participation ouvrière pouvait établir un nouvel état transitoire fondé sur le peuple en armes, élisant et révoquant ses responsables. Sa postérité dans le mouvement socialiste national et international est immense : mythe, culte ou légende, la Commune a été l’objet d’une grande réflexion politique et historique et influencé aussi bien le Front Populaire en juin 1936 que mai 1968.

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